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DPE de complaisance : qu’est-ce que c’est, quels enjeux, quels dangers ?

Photo d'une étiquette fausse

Définitions & contexte :

  • Un DPE de complaisance désigne un Diagnostic de Performance Énergétique dans lequel certaines données sont (volontairement ou par négligence) manipulées ou arrangées pour améliorer artificiellement la classe énergétique d’un logement (par exemple pour éviter une classification F ou G, ou pour rendre le bien plus “vendable” ou louable).

  • Ces pratiques répondent à des motivations commerciales (valoriser le bien, limiter les travaux, éviter les contraintes réglementaires) ou à des pressions exercées sur le diagnostiqueur.

  • Selon une étude de la start-up KRNO, environ 1,3 million de logements en France pourraient être concernés par ce type de fraude, pour un préjudice estimé à plus de 21 milliards d’euros pour les acheteurs ou le marché immobilier.

Les risques associés

Vendeurs :

  • Action en responsabilité civile contractuelle s’il délivre une information mensongère ou trompeuse.

  • Risque de vices cachés si le logement présente des défauts énergétiques non révélés ou si consommation / performance réelle s’avère nettement différente du DPE.

  • Possibilité de dol si la falsification était intentionnelle.

  • Sanctions pénales (ex : faux et usage de faux) dans les cas les plus graves.

  • Perte de valeur du bien si le vrai DPE est défavorables (décote du marché).

  • Coût des travaux de mise à niveau s’il faut rendre conforme après la vente.

  • Risque de recours et indemnisation importante pour l’acquéreur.

Agences immobilières :

  • Elle peut être engagée si elle a participé ou conseillé le DPE de complaisance ou si elle ne vérifie pas les documents et laisse passer une information trompeuse.

  • Risque de mise en cause pour publicité mensongère ou tromperie.

  • Elle doit s’assurer que le diagnostiqueur est fiable, bien certifié, assuré, indépendant.

  • Atteinte à la réputation, perte de confiance des clients

  • Risque de litiges / contentieux coûteux

  • Retards dans les ventes ou renégociations de prix à la baisse si la fraude est décelée

Acquéreur :

  • Peut agir contre le vendeur sur le fondement du dol, de la garantie des vices cachés ou de la responsabilité pour tromperie.

  • Peut engager une action contre le diagnostiqueur pour erreur manifeste ou faute, si elle est prouvée (mais souvent responsabilité limitée à la perte de chance).

  • En cas de DPE invalidé ou classé plus défavorablement que ce qui avait été annoncé, droit à réparation.

  • Surcoût du bien (payer plus que la “vraie valeur” selon ses contraintes énergétiques).

  • Charges/consommation énergétique plus élevées que prévu.

  • Difficultés futures à la revente ou location, si le vrai DPE est défavorable.

Ce que la loi & la jurisprudence disent récemment

  • Le gouvernement français a reconnu qu’il y a environ 70 000 DPE frauduleux ou de complaisance réalisés chaque année.

  • Les mesures annoncées par la ministre du Logement Valérie Létard comprennent la multiplication des contrôles (chaque diagnostiqueur contrôlé au moins une fois par an), plus de sanctions, usage de QR codes pour pouvoir vérifier l’authenticité des DPE, recours à l’intelligence artificielle pour détecter les anomalies.

  • Jurisprudence récente : un arrêt (Cour d’appel ou tribunal) a retenu la responsabilité du vendeur et du diagnostiqueur pour “perte de chance de négocier un prix plus avantageux” lorsque le DPE était erroné. Cependant, la responsabilité du diagnostiqueur est souvent limitée à cette perte de chance, sauf en cas de faute particulièrement grave.

  • Sanctions pénales : article 441-1 du Code pénal (faux et usage de faux) peut s’appliquer dans les cas où le DPE est purement faux ou falsifié.

Photo d'un numéro ADEME avec QR Code règlementaire

Sanctions & conséquences en cas de fraude

  • Sanctions administratives : retrait ou suspension de la certification du diagnostiqueur, interdiction temporaire d’exercer, sanctions disciplinaires par les organismes certificateurs.

  • Responsabilité civile : vendeur et/ou diagnostiqueur peuvent être tenus responsables pour tromperie, dol, vice caché, etc., et devoir indemniser l’acquéreur.

  • Sanctions pénales : en cas de faux ou usage de faux, peines de prison, amende lourde.

  • Décote du bien : perte de valeur appréciable lorsqu’un bien est mal classé ou si le vrai classement se révèle défavorable. Les acheteurs s’attendent à des travaux ou charges élevées, ce qui impacte le prix.

  • Réputation / confiance : pour l’agence, pour le vendeur — un contentieux ou une fraude révélée peut nuire fortement à l’image, et même entraîner des pertes de clients futurs.

Conclusion & recommandations rapides

Le phénomène des DPE de complaisance constitue une menace sérieuse pour la fiabilité du marché immobilier, pour la confiance des acquéreurs, et pour le respect de la transition énergétique. Agences et vendeurs ont un rôle clé pour garantir la fiabilité des diagnostics. Voici un résumé des bonnes pratiques :

  • Ne jamais imposer un diagnostiqueur sans s’assurer qu’il remplit tous les critères légaux (certification, assurance, indépendance).

  • Vérifier les données du rapport, demander une transparence totale.

  • Éviter les DPE trop “optimistes” sans éléments objectifs.

  • Insérer des clauses protectrices dans les mandats / compromis.

  • Informer les acquéreurs des risques et de leurs droits (recours, vérification, seconde opinion).

Date : 11 octobre 2025

Source(s) : ladepeche.fr; l'immobilier par SeLoger, figaro immobilier etc..

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